3e États généraux de la révolution numérique
Reprenons le pouvoir !
9 & 10 mars 2018

La Blockchain outil de « dépérissement de l’état » ou utopie libertarienne

Une blockchain est une base de données en réseau, comparable à un « grand livre comptable » qui serait répliqué à l’identique sur chaque nœud du réseau.

Aucune autorité centrale ne contrôle la blockchain (états, notaires, banques, assureurs…), il n’y a donc plus de tiers de confiance. Si le Bitcoin est l’exemple le plus médiatisé d’une Blockchain, celle-ci touche tous les secteurs utilisant un tiers de confiance pour garantir une transaction, une identité, faire valoir un droit,... :  la finance, la banque, les assurances, la collecte des impôts, le vote, l’état-civil, la validité des diplômes, le cadastre, la traçabilité de l’alimentation, la propriété intellectuelle des contenus, le commerce de l’énergie...

La blockchain est elle un outil de dépérissement de l’État pour aller vers un communisme libertaire ou la réalisation d’une utopie anarcho-capitaliste d’un capitalisme distribué ?

L’obsession de s’affranchir des tiers de confiance, pose la question politique de la confiance dans la société et dans ses institutions, de l’entreprise à l’État. Il y a derrière cette conception une vision du monde, où la démocratie est considérée comme dangereuse et nuisible, où l’on considère qu’une société parfaite est une société d’individus passant des contrats automatisés par du code informatique. L’utopie d’un marché universel sans intermédiaire, libre et non faussé, est au centre de cette vision.

Mais la blockchain est aussi un terrain de luttes. Elle peut aussi être utilisée et développée pour des structures autogestionnaires ou coopératives échappant à l’État comme au marché, y compris dans le cadre de développement d’économie circulaire ou de la gestion démocratique de communs mondiaux. L’usage de la blockchain peut aussi offrir à certains pays une autre voie que la construction d’un État-Nation à l’européenne.

Il existe un doute fort sur la soutenabilité écologique de la blockchain en raison de son caractère énergivore.

Avec
Laurence Allard
Laurence Allard

chercheuse à l'Université Paris 3-IRCAV, enseigne à l'Université Lille 3

Antoine Yeretzian
Antoine Yeretzian

cofondateur de Blockchain France

Igor Zamichiei
Igor Zamichiei

membre du CEN du PCF