3e États généraux de la révolution numérique
Reprenons le pouvoir !
9 & 10 mars 2018

Le coopérativisme de plateforme une alternative aux plateformes propriétaires

Le débat va se dérouler sur trois axes : 

1- Limites au développement d'une production coopérative (accès au capital, dumping des statuts de travailleurs, concurrence - monopolistiques (produits de réseaux, rendements croissants, etc).
2- Quels changements institutionnels porter pour permettre de soulever ces limites & Quel type de propriété intellectuelle pour défendre "le Commun" contre le "free labor".
3 - Quelle stratégie et convergence entre les militants, syndicats et partis politiques pour développer sans le pouvoir d'Etat ce nouveau "service public".

Le modèle de développement de plateformes propriétaires telles que Uber, Airbnb ou encore Deliveroo, qui utilisent leur algorithme pour mettre en relation un « prestataire » de services et un « client », est au fond un modèle d’exploitation d’une position dominante. Dominante parce que les acteurs qui produisent le service vendu par la plate-forme, sont isolés et dépendants. Dominante également parce que les coûts de déploiement du service (développement logiciel, marketing….) sont tels qu’ils interdisent l’arrivée de nouveaux entrants, de concurrents. Dominante aussi parce que c’est une spécificité du capitalisme immatériel que de s’inscrire dans une économie de la rente, avec un coût marginal d’exploitation qui tend vers zéro et une rentabilité exceptionnelle. Dominante enfin parce qu’elles se comportent de manière normative, re-définissant des pans entiers de l’activité humaine, à commencer par le travail et l’emploi.

Face à ce modèle prédateur, l’émergence de plateformes coopératives n’est-elle pas un moyen de se réapproprier son outil de travail et tous les terrains que ces plates-formes tentent de préempter : la mobilité, le voyage, la gastronomie, mais aussi la finance, la santé, l’éducation… ?

Par exemple, de nombreuses coopératives de coursiers se créent en France et en Belgique. Coopcycle porte le projet d’une coopérative de livraison à Paris. Autour du logiciel du même nom, CoopCycle élabore un projet économique et politique alternatif. Il propose un modèle de fédération de coopératives, regroupant les travailleurs du secteur.

Le modèle coopératif permet aux travailleurs de reprendre le pouvoir. La valeur créée par l’activité est répartie équitablement entre les travailleurs et est réinjectée dans l’économie locale. Revenir au salariat, c’est bénéficier de tous ses avantages sociaux : congés, assurance maladie, retraite.

Un développement local avec une union internationale, pour concurrencer des plateformes globales. Pour lutter, il faut s’unir. Mutualiser les moyens à notre disposition, dont le logiciel en tant qu’outil de production, pour bénéficier d’économies d’échelle. Mais aussi nos voix, afin de peser dans le débat public. Montrons qu’il existe une alternative !

Avec
Kevin Poperl
Kevin Poperl

 de Coopcycle

Sylvie Mayer
Sylvie Mayer

réseau économie social et solidaire du PCF

Carlo Vercellone
Carlo Vercellone

Professeur des Universités en Sciences de l’information et de la communication, Université de Paris8 Vincennes-Saint-Denis

Arthur Hay
Arthur Hay

coursier bordelais, Secrétaire du syndicat CGT des coursiers à vélo de la Gironde

Bruno Carballa
Bruno Carballa

Chronos / Université Paris XIII