3e États généraux de la révolution numérique
Reprenons le pouvoir !
9 & 10 mars 2018

Reprendre le pouvoir sur l'Intelligence Artificielle - combattre le transhumanisme

De l’hôpital à la prison, en passant par les transports, l’école, la finance, la politique, la justice, l’entreprise, la sécurité, l’énergie, l’intelligence artificielle (IA) est déjà là et modifie nombre d’aspects de notre vie.

Par opposition à cette IA existante, les milieux sous influence des transhumanistes ont introduit la notion d’une IA forte, qui serait capable d’avoir conscience d’elle-même et d’avoir du sens commun. Aujourd’hui, une telle IA, pour reprendre les propos de Jean Gabriel Ganascia, relève du fantasme. Ce qui relativise les appels cultivant le catastrophisme en dénonçant une IA en passe de prendre pouvoir sur l’humanité,voire de la détruire.  

Derrière ces appels alarmistes se trouvent mêlées une vision réductionniste de l’intelligence, une vision réactionnaire et eugéniste du mouvement des sociétés humaines et les intérêts bien compris de certains groupes de la Silicon Valley qui entendent se substituer aux états et mettre en avant leur vision transhumaniste de l’avenir de l’humanité. Rien de mieux pour mobiliser des fonds publics comme privés que de jouer au pompier pyromane comme le fait Elon Musk, patron de SpaceX et de Tesla, qui propose d’équiper les humains d’implants intracérébraux afin de les "rendre plus intelligents" (sic) pour éviter qu'ils soient asservis par l’IA forte.

Loin des discours apocalyptiques, l’IA réelle pose de vrais problèmes éthiques et politiques. En effet, le fonctionnement d’un programme d’IA est opaque pour les humains, et dépend de son apprentissage.

Construire les institutions, les cadres réglementaires et éthiques de l’usage de l’IA devient une question politique majeure et urgente. Le rapport de la CNIL “Comment permettre à l’homme de garder la main ? Les enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle” et les propositions qu’il contient, constituent une base de travail qu’il convient de débattre, d’amender, d’exploiter, de développer et surtout de traduire en actes politiques.

Avec
Jean-Gabriel Ganascia
Jean-Gabriel Ganascia

chercheur en intelligence artificielle au Laboratoire Informatique de Paris 6 Lip6, président du comité d’éthique du CNRS, auteur du Mythe de la Singularité

Sophie Péne
Sophie Péne

Professeur en sciences de l'information à l’Université Paris Descartes et coordinatrice du rapport sur l’Intelligence artificielle au Conseil national de numérique

Yann Le Pollotec
Yann Le Pollotec

membre du CEN du PCF responsable Révolution numérique