3e États généraux de la révolution numérique
Reprenons le pouvoir !
9 & 10 mars 2018

Reprendre le pouvoir sur la transformation numérique des entreprises : robots, travail, automatisation

Le thème du « grand remplacement » des emplois humains par les robots est souvent mis en avant mais les études de prospective sont divergentes : pour certaines,il s’agit de 47% d’emplois menacés, pour d’autres, il ne serait question que de 9% d’ici 2025 avec pour la création d’un emploi qualifié dans le secteur du numérique la création de cinq autres postes. Tout dépend de la capacité d’un métier à évoluer au gré des mutations technologiques, de l’acceptabilité sociale de l’automatisation, de son intérêt économique et de sa soutenabilité écologique.

Plus qu’une hypothétique fin du travail, il s’agit d’une transformation profonde de l’emploi, de sa structure, de sa localisation et de son contenu. On exerce sur les travailleurs une pression à se former en permanence, à être flexible, mobile, à coopérer tout en étant toujours plus compétitif, avec l’injonction d’intensifier son travail, tout en développant ses liens sociaux. Il y a donc tension entre les potentialités émancipatrices du numérique et une réalité faite d’une intensification de l’exploitation et d’aliénation.

Le numérique est au cœur d’un affrontement de classe : le capital entend utiliser le numérique afin de détruire de l’emploi, de faire pression sur les salaires, mais d’autres choix sont possibles en utilisant  le numérique pour améliorer l’efficacité sociale du travail, développer de nouveaux services publics et activités qui eux-mêmes créeront de nouveaux emplois.

La conception, l’innovation et la création sont de plus en plus socialisées tout en permettant une individualisation et une décentralisation de la production. Le numérique pourrait être un moyen de  contrôle des entreprises, pour protéger les salariés, les soulager la pénibilité, pour mieux les informer et accéder à nombre de données pour disputer le pouvoir au patronat sur la gestion et les choix stratégiques.

La révolution numérique nous met au pied du mur du dépassement de la condition salariale, non pas pour aller vers une société d’« entrepreneurs de soi » comme les chauffeurs Uber, mais pour construire une société de libres producteurs associés qu’appelait Marx de ses vœux.

Avec
Jean-Luc Molins
Jean-Luc Molins

UGICT-CGT

Arthur De Grave
Arthur De Grave

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Patrice Flichy
Patrice Flichy

chercheur au Laboratoire techniques, territoires et sociétés, auteur des « Nouvelles Frontières du travail à l'ère numérique »

Aymeric Seasseau
Aymeric Seasseau

membre du CN du PCF responsable Travail, emploi, entreprise